05.06.2008

La fabuleuse histoire de la SNCF

Dans le train, on rencontre toute sorte de gens.

Certaines personnes ne peuvent s'empêcher de vous parler.

Une fois, j'étais assise à côté d'une femme qui changeait de région parce que son mari la battait et elle m'a raconté toute son histoire (quand je vous dis que j'ai la tête de la confidente parfaite) : la difficulté de dire STOP, de dénoncer le père de ses enfants, la souffrance de ces derniers ("c'est chiant" vous dites vous ?, et bien imaginez moi entre Marseille et Rouen comme ça !)...

Une autre fois, je me suis retrouvée à côté d'un séducteur à 2 balles qui avait décidé de faire de moi sa proie durant le voyage (Bordeaux Paris, 3 heures quand même). "Compte tenu de la personnalité de la bête, si je commence à lui raconter mon mode de vie réel, il ne va pas me lâcher", me dis-je... alors je lui raconte que je suis enceinte et que c'est une fille, qu'elle s'appellera Mathilde, que mon fiancé est infirmier en urgence pédiatrique à Necker (en fait, le frère de mon pote infirmier en urgence pédiatrique à Necker venait de m'appeler !), que je vais habiter Paris 12 et que je suis ravie de partager cette grossesse avec ma soeur, enceinte de 3 sem de plus que moi, et ma meilleure amie, enceinte de 2 mois de plus que moi. Bref, je l'ai noyé dans un flot de paroles futiles et j'ai espéré très fort qu'il ne recommence pas cette fâcheuse manie avec sa prochaine voisine de train.

Une autre fois, j'ai pris le "Paris-Bg St Maurice" (qui passe par Dijon....) de nuit. 7 heures (oui, oui 7 heures !) dans un wagon classique (pas de couchettes), où la température moyenne avoisine les 28°, entourée d'une bande d'inconnus qui ne dort pas ou dort mal ou dort bien : 4 jeunes qui se mattent un film sur un PC portable (le son à fonds), un quarantenaire "encore au boulot" qui à la sonnerie d'un téléphone, extirpé de son rêve de piste de ski, fait un bond en criant un "ouiiiii, c'est à quel sujet ?", un soixantenaire qui tousse (beaucoup trop), des gens qui ronflent (beaucoup trop). A l'arrivée ? une voix d'outre tombe au micro "Mesdames et Messieurs, nous arrivons en gare de Bourg St Minus, Ter Maurice du train...". J'en ris encore !

Dans le Bourg St Minus-Paris  (oui, du coup, Bourg St Maurice est rebaptisé !), un couple d'adultérins (non, je n ai pas l esprit mal placé, oui ça se voyait) pleurait doucement la fin de son doux voyage. ELLE "tu es sur, tu n as pas froid ?" LUI "non ma douce, ça va". 7 heures durant. Entre chaque roulage de pelle (non, il n y a pas d'autre mot !), ELLE "ça va, tu es bien installé ?" LUI "oui ma douce, tout va bien". Après 7 heures intensives, ELLE "tu as faim ?" LUI "(putain, elle m'emmerde !) non, ma douce, tout va bien" ELLE "tu sais si j insiste, c'est juste pour que tu sois bien" LUI, rouge colère "(arrrrrggggggg !) je sais, ma douce, je sais". J'attendais le coup de latte mais il s'est contenu (bravo !).

 

Alors mon Paris Bordeaux, je l'appréhendais un peu (patiente et tolérante que je suis...). Mais la recette magique m'a été offerte : l'IPOD ! un régal.